| More
05-02-2010 03:55 15:55

République du Centre - 3 février 2010

 

Trente-cinq ans après la loi Veil légalisant l’avortement, l’accès à l’interruption volontaire de grossesse (IVG) et à la contraception est encore compliqué, selon le rapport de l’Inspection générale des affaires sociale (Igas), remis hier à la ministre de la Santé, Roselyne Bachelot.
Pour l’Igas, si « la prise en charge de l’IVG a marqué des progrès réels » depuis la loi de 2001 - qui a porté son délai légal de dix à douze semaines et qui était censée faciliter l’accès à l’avortement et à la contraception - ces avancées « demeurent fragiles ». Parmi les carences, le rapport déplore, par exemple, que « les IVG tardives ne soient pas prises en charge partout ». Quant aux délais, s’il se sont améliorés, « dans l’ensemble », pour se rapprocher des cinq jours, il persiste des « goulots d’étranglement dans certaines zones de fortes demandes », notamment les grandes villes.
Le rapport note, aussi, que le nombre d’établissements pratiquant l’IVG est passé de 729 en 2000 à 639 en 2006, réduisant de fait le choix quant aux méthodes d’IVG (par médicaments ou par voie chirurgicale). « Peu attractive » financièrement pour les personnels de santé, l’IVG chirurgicale est de moins en moins pratiquée, note l’Igas, qui regrette un recours trop fréquent à l’IVG médicamenteuse. Côté prévention, le rapport relève un « niveau préoccupant » d’échec des moyens de contraception et rappelle que 72 % des IVG sont réalisées sur des femmes qui étaient sous contraception. Quant aux jeunes, bien que la loi leur garantisse un accès autonome à la contraception, « ce droit leur est dénié dans les faits », puisque les ados doivent présenter la carte Vitale de leurs parents pour se faire rembourser. Bien que facilité, le recours à la « pilule du lendemain est trop faible pour entraîner une diminution du nombre d’avortements », note aussi l’Igas. Plus largement, le coût de la contraception est souvent trop élevé, pouvant aller jusqu’à 175 ¤ annuels pour un timbre contraceptif hebdomadaire.

« Consternant », selon les anti-avortement

Le mouvement anti-avortement « Alliance pour les droits de la vie » a réagi au rapport de l’Igas, en dénonçant un document « consternant » et en jugeant que « l’urgence est d’aider les femmes enceintes à éviter l’IVG ».


Réagissez à cette actualité