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05-02-2010 02:40 14:40

Sexualité : l‘accès à la contraception et à l’IVG reste encore trop difficile

 

L'Alsace - 3 février 2010

La ministre de la Santé Roselyne Bachelot a promis de renforcer la prévention des grossesses non désirées pour les jeunes et ’accès à l’avortement après la remise, hier, d’un rapport pointant les carences de la France en la matière. Mme Bachelot a admis hier qu’il persistait des inégalités territoriales dans l’accès à l’interruption volontaire de grossesse (IVG), avec des délais d’attente de parfois plus de 15 jours, et a déploré « un manque d’information sur la sexualité et la contraception ». Pour y remédier, elle veut notamment renforcer les centres de planification et mettre en place un accès gratuit et anonyme à la contraception pour les mineures via des consultations auprès de médecins volontaires. Elle prévoit aussi de revaloriser en 2010 « d’aumoins 10%» la rémunération des établissements pratiquant des IVG chirurgicales. Le rapport remis par l’Inspection générale des affaires sociales (Igas) pointe notamment le fait que les IVG tardives ne soient pas prises en charge partout, et note qu’il persiste des « goulots d’étranglement dans certaines zones de fortes demandes », notamment les grandes villes.
Le nombre d’établissements pratiquant l’IVG est passé de 729 en 2000 à 639 en 2006, réduisant de fait le choix quant aux méthodes d’IVG. Peu attractive pour les personnels de santé et pour les établissements, l’IVG chirurgicale est de moins en moins pratiquée. Côté prévention, il y a un niveau préoccupant d’échecs des moyens de contraception. 72% des 200 000 IVG annuelles sont
réalisées sur des femmes sous contraception.
Quant aux jeunes, leur droit à la contraception « leur est dénié dans les faits » et l’Éducation nationale ne joue pas suffisamment son rôle en matière d’éducation sexuelle. Le coût de la contraception est jugé souvent trop élevé, jusqu’à 175 euros annuels pour un timbre contraceptif hebdomadaire.
Ségolène Royal, la présidente PS de Poitou-Charentes, a réagi en attaquant vivement le gouvernement, déplorant qu’il « bloque » dans sa région son initiative d’un « Pass contraception », qui doit donner aux mineures un accès gratuit à la consultation médicale et à la contraception. Pour leur part, les associations féministes ont globalement jugé positives mais insuffisantes les
mesures annoncées par Mme Bachelot.
« Nous serons satisfaites si la volonté politique est suivie de moyens », affirme la présidente du Mouvement du Planning familial, Carine Favier, qui regrette l’absence d’annonces fortes sur le remboursement des contraceptifs. Pour Chantal Birman, cadre de l’Association nationale des centres d’interruption de grossesse et de contraception (Ancic), « il faut autoriser les sages-femmes à faire des IVG, y compris par aspiration ». « Toute une génération de médecins militants des droits des femmes va bientôt partir à la retraite », s’inquiète cette sage-femme. « Si Mme Bachelot veut améliorer l’accès à l’IVG, il faut remettre en cause sa logique de restructurations hospitalières », lance de son côté Maya Surduts, de la Coordination des associations pour le droit à l’avortement et à la contraception (Cadac). L’association Ni Putes Ni Soumises a demandé au gouvernement « d’en faire plus », soulignant que la contraception restait « un interdit » dans les quartiers populaires et s’inquiétant des fermetures de centres d’IVG.
À contre-courant des associations féministes, le mouvement anti-avortement « Alliance pour les droits de la vie » dénonce un « rapport consternant ». Et de juger que « l’urgence est d’aider les femmes enceintes à éviter l’IVG ».


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