Prévenir l’IVG ?

Qu’en est-il de la politique de prévention de l’IVG en France ? 

Aujourd’hui, les femmes confrontées à une grossesse imprévue ou difficile sont trop souvent orientées vers l’avortement. Pratiquement rien n’est proposé pour les aider à conduire leur grossesse à terme. Celles qui ont déjà vécu l’IVG ne sont pas soutenues quand elles en souffrent. Alors que 86% des Françaises estiment que « l’avortement laisse des traces psychologiques difficiles à vivre pour les femmes » (sondage BVA, 2005) leurs larmes sont secrètes et interdites. 

La France est l’un des pays au monde où la contraception est le plus développée et le taux de recours à l’avortement y est plus de deux fois supérieur à l’Allemagne. Les incessantes campagnes de promotion de la contraception n’ont-elles pas fait la preuve de leur échec ? Trop d’intervenants en milieu scolaires banalisent les relations sexuelles précoces en les déconnectant de l’affectivité et de la responsabilité. 

Et Madame Bachelot, cédant aux injonctions du Planning Familial se borne à promettre de « mettre le paquet » sur l’éducation sexuelle de plus en plus précoce.

Tribune de Tugdual Derville : le Planning mène la danse

La remise d’un rapport de l’Inspection Générale des Affaires Sociales (IGAS) sur la contraception et l’avortement tardait. Un an après leur audition, les militantes du Mouvement Français pour le Planning Familial ont alerté les médias. Occasion, pour celles qui affirment incarner la cause des femmes, de couper l’herbe sous les pieds du gouvernement en faisant valoir leurs revendications habituelles : toujours plus de contraception et un accès facilité à l’avortement.

Le ministre de la Santé est aussitôt entré dans cette danse. Roselyne Bachelot s’appuie sur les 30 000 grossesses annuelles de mineures pour surenchérir sur Ségolène Royal et son « pass contraception » lancé en janvier. Estimant que « l’avortement doit être une composante obligatoire de l’offre de santé », elle s’engage à « revaloriser à nouveau la rémunération des établissement le pratiquant » et à garantir « une consultation médicale gratuite et anonyme pour les mineures ». Elle promet que « les services scolaires des universités et les sages-femmes vont avoir le droit de délivrer des contraceptifs oraux dans toutes les situations » et ajoute : « avec Luc Chatel, ministre de l’Education, nous allons mettre le paquet sur l’information en milieu scolaire. »

Pourtant la France détient déjà un record mondial d’usage de produits contraceptifs et cela n’empêche pas un taux élevé de recours à l’avortement, deux fois supérieur à l’Allemagne, avec une forte augmentation chez les plus jeunes. Les solutions préconisées sont celles qui ont fait la preuve de leur échec. Dans les écoles, on parle de la sexualité précoce comme d’une évidence, sans la relier à l’affectivité et à la responsabilité. Sollicités pour une signature en cas de prise d’un cachet d’aspirine, les parents sont mis à l’écart pour tout le processus d’IVG. Lorsqu’une jeune fille l’a vécu comme un drame, ils ne sont même pas en mesure de le savoir pour l’aider.

Le rapport rendu par l’IGAS reste conformiste. Certes, il décrit le paradoxe contraceptif français : 72% des femmes qui recourent actuellement à l’avortement utilisaient une méthode de contraception lorsqu’elles sont tombées enceintes. Mais les inspecteurs proposent encore plus de contraception, et plus de stérilet, dont le caractère antinidatoire est occulté.

En réalité, la différence entre l’efficacité théorique des méthodes contraceptives et leur moindre efficacité pratique piège les femmes. Oubli de pilule, rupture de préservatif : il y aurait 3 millions de ces « accidents de contraception » chaque année… Et quand ces « accidents » se traduisent en grossesses « non programmées », la plupart des femmes s’interdisent désormais de les conduire à leur terme. Dès qu’une grossesse imprévue est découverte, tout concoure à rendre l’avortement inéluctable.

Sur RTL, le mardi 3 février le chroniqueur Eric Zémour a déclenché la colère du Planning familial. Prenant son idéologie à contrepied, il a déploré les 7 millions d’IVG pratiquées depuis 1975 et contesté les déclarations du ministre de la Santé. De son côté, l’Alliance pour les Droits de la Vie lance une grande pétition sur Internet. Intitulée « Aux larmes citoyennes », elle demande à Madame Bachelot d’aider les femmes à éviter l’IVG, en les informant sur les moyens de conduire les grossesses à leur terme et de résister aux pressions multiples qui les dissuadent d’enfanter.

Rapport de l'Inspection Générale des Affaires Sociales sur l'IVG

Rapport_IGAS.pdf